Disparition d'Agnès Varda la pionnière de la Nouvelle Vague

Posté par Aurelien BACOT le 29 Mars 2019
Quelques semaines seulement après la présentation à Berlin de son dernier documentaire, la réalisatrice Agnès Varda est décédée à l'âge de 90 ans.

Née à Ixelles en Belgique, le 30 mai 1928, Agnès Varda immigre à Sète avec sa famille en 1940. C’est d’ailleurs là qu’elle tournera son premier long métrage, La Pointe Courte pour lequel elle obtient le Prix de l’âge d’or à Bruxelles et le Grand Prix du film d’avant-garde de Paris en 1955. Etudiante en photo aux beaux-arts de Paris et en histoire de l’art à l’école du Louvre, elle est alors engagée par Jean Vilar comme photographe officielle du TNP en 1949. Elle y rencontre Antoine Bourseiller avec lequel elle aura une fille en 1958, année au cours de laquelle elle rencontre également le réalisateur Jacques Demy avec qui elle formera un couple aussi durable que mythique.

Agnès Varda attend jusqu’en 1961 avant de repasser derrière la caméra pour son second long métrage, Cléo de 5 à 7, qui lui vaut une reconnaissance critique ainsi que le Prix Georges Méliès et le Prix de la Fipresci.

Dès lors estampillée « réalisatrice de la Nouvelle Vague », elle signe Le bonheur, Prix Louis Delluc 1964 et, excusez du peu, Ours d’argent à Berlin en 1965, puis elle réalise Les créatures en 1966. C’est à cette époque qu’elle décide de partir aux Etats-Unis avec Jacques Demy, se lançant dans le documentaire pour témoigner des passionnants mouvements de sociétés à l’œuvre dans cette Amérique post-soixante-huitarde. En découleront deux documentaires qui ont su saisir cette période faste à la volée : Black Panthers en 1968 puis Lions Love en 1969.

Alternant désormais entre documentaires (Daguerréotypes, Mur murs et Les dites cariatides) et fictions (L’une chante, l’autre pas, Documenteur) elle rencontre son plus grand succès public en 1985 avec Sans toit ni loi (près d’1,1 million d’entrées), un long métrage qui lui vaut également de recevoir le Lion d’or à Venise. En 1987 elle tourne quasi-simultanément deux films jumeaux, Jane B. par Agnès V. et Kung-fu Master, qui reflètent son talent unique pour entremêler comme personne fiction et documentaire. Elle réalise ensuite Jacquot de Nantes en 1991, une évocation de la jeunesse de son mari Jacques Demy, avant de signer en 1995 son ultime long métrage de fiction, Les cent et une nuits de Simon Cinéma.

Réputée pour sa conscience sociale aiguisée et son goût pour la poésie, Agnes Varda revient à la réalisation en 2000 avec l’émouvant Les glaneurs et la glaneuse qui reçoit une quinzaine de prix dont le prestigieux European Award du meilleur documentaire. En 2008 pour Les plages d’Agnès, la réalisatrice renoue avec un exercice qu’elle affectionne tout particulièrement celui de l’autobiographie fantasmée, qu’elle décline également en mini-série documentaire avec Agnès de ci de là Varda en 2011. En tandem avec le célèbre photographe JR, elle réalise Visages, villages en 2017 qui lui vaut une nouvelle consécration avec notamment L'Œil d'or du documentaire à Cannes et une nomination à l’Oscar du meilleur documentaire. La même année elle se voit remettre à Hollywood une statuette d’honneur pour l'ensemble de son oeuvre.

Pionnière parmi les femmes cinéastes, féministe de la première heure et inlassable passionnée, Agnès Varda la plus petite des grandes dames de cinéma s’en est allée, mais il nous reste son œuvre aussi monumentale qu’irrévérencieuse pour nous consoler.

Sur CANAL+ CINEMA et sur myCANAL retrouvez dès ce soir à 20H50 le documentaire évènement Visages, villages réalisé en collaboration par JR et Agnès Varda.

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