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Depuis 25 ans, la fin de ce film torture les spectateurs et elle reste un mystère !

Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2001, MULHOLLAND DRIVE de David Lynch reste l’un de ses meilleurs films, mais aussi un de ses plus complexes. Et la dernière partie du film ne cesse de passionner les spectateurs. Si vous voulez vous replonger dans ce rêve, le film est dispo sur CINE+OCS avec CANAL+.

MULHOLLAND DRIVE : Lynch traque le subconscient

Souvent cité parmi les plus grands films de l’histoire du cinéma, MULHOLLAND DRIVE n’en reste pas moins un puzzle narratif que l’on prend plaisir à reconstituer depuis 25 ans.

Tout commence par un accident : une jeune femme brune (Laura Harring) survit à un choc violent sur les hauteurs de Los Angeles, après avoir échappé de peu à une tentative de meurtre. Désorientée et amnésique, elle trouve refuge dans l’appartement de Betty (Naomi Watts), une aspirante comédienne fraîchement arrivée à Hollywood.

Très vite, les deux femmes s’associent pour tenter de découvrir l’identité de l’inconnue, qui se fait appeler Rita après avoir aperçu une affiche de GILDA. Leur enquête les rapproche, jusqu’à une relation amoureuse, dans une première partie du film presque lumineuse, portée par une forme d’innocence.

Mais tout bascule lors de la séquence du Club Silencio. Dans ce lieu étrange, où “tout est illusion”, le film semble se fissurer. La mise en scène devient plus abstraite, plus inquiétante, jusqu’à l’apparition de la mystérieuse boîte bleue, véritable point de rupture du récit.

Rêve ou réalité ?

À partir de là, MULHOLLAND DRIVE change radicalement de ton. Le film quitte son apparente cohérence pour plonger dans une seconde partie beaucoup plus sombre, où Betty devient Diane, une actrice en échec, rongée par la jalousie et la culpabilité.

Une interprétation largement partagée consiste à voir toute la première partie comme un rêve : une reconstruction idéalisée dans laquelle Diane se réinvente en Betty, jeune actrice talentueuse et pleine d’espoir, tandis que Camilla (la “vraie” Rita) devient une femme vulnérable qu’elle peut sauver, à l’inverse de la réalité.

Mais cette lecture, aussi séduisante soit-elle, ne suffit pas à expliquer tous les éléments du film.

Car même après le basculement, de nombreuses zones d’ombre persistent : la signification exacte de la boîte bleue, le rôle du mystérieux cow-boy, la créature derrière le diner, ou encore la présence du couple âgé. Autant de figures qui semblent échapper à une interprétation rationnelle.

La fin elle-même reste profondément ambiguë. Après le suicide de Diane, le film ne s’achève pas vraiment : il se dissout dans une dernière image, accompagnée d’un simple mot : “Silencio”. Comme un rappel que tout ce que l’on vient de voir pourrait n’être qu’une illusion supplémentaire.

David Lynch n’a jamais donné d’explication définitive, préférant laisser le spectateur face à ses propres interprétations.