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De MALCOM X à GLADIATOR II, comment Denzel Washington est devenu culte

A l’écran, il vole la vedette aux plus célèbres que lui

Dès son apparition en toge, adressant à l’audience un regard aussi complice que machiavélique dans GLADIATOR II de Ridley Scott, un frisson parcourt l’audience. C’est que plus encore que le beau gosse Paul Mescal et la nouvelle star Pedro Pascal, l’acteur que tout le monde attend vraiment, celui dont on guette les répliques comme autant de punchlines, c’est bien lui. Lui, le vétéran d’Hollywood de 71 ans qui a gravi marche après marche l’escalier menant à la gloire comme peu avant lui.

De la street à Shakespeare, qui dit mieux ?

Avant d’être le héros de films d’action reposant sur son seul brio comme la franchise THE EQUALIZER, avant d’incarner des personnages historiques mieux que personne, Denzel Washington est resté dans l’ombre. Ainsi, il a été le docteur Philip Chandler dans les 118 épisodes de la série St ELSEWHERE parmi un pool de médecins de ce feuilleton oublié des années 80 racontant la vie d’un hôpital délabré. Auparavant, il a mis à profit les cours de comédie pris à l’université pour monter sur scène dans différentes pièces sans grand succès. On note néanmoins qu’il se voit déjà confier le rôle de Malcom X au théâtre. C’est que le débutant en impose déjà, il est passé par l’académie militaire et par les rues de villes de l’État de New York. Ainsi, il connaît la rigueur et la dureté, un puissant combo. Ce n’est que lorsqu’il décroche le rôle du militant politique sud-africain Steve Biko dans le film CRY FREEDOM sur l’Apartheid qu’il cesse de passer sous les radars. Signe de sa versatilité, Spike Lee l’engage en 1990 dans la comédie musicale MO’ BETTER BLUES et il incarne Richard III sur scène dans la tragédie de Shakespeare. Le film MALCOLM X de Spike Lee va lui offrir une reconnaissance internationale. Les bases de son succès sont déjà posées : une intensité rare dans le jeu, une présence physique indéniable et dès qu’il prend la parole, les hommes l’écoutent et les femmes se pâment. Il fait le pont entre la street et l’establishment et ça peu d’acteurs l’ont réussi.

Un pilier incontournable pour les blockbusters

Les plus grands réalisateurs vont désormais faire appel à lui. Ainsi, on le retrouve en avocat compatissant aux côtés de Tom Hanks dans PHILADELPHIA de Jonathan Demme, film qui va marquer les années Sida. Puis il sera le coach de Jesus Shuttleworth, le génial basketteur dans HE GOT GAME accompagné par la musique du groupe Public Enemy. Lui-même d’ailleurs a tâté du basket au niveau universitaire. L'acteur incarnera également le boxeur Robin Carter dans HURRICANE CARTER de Norman Jewison, le militaire rebelle dans USS ALABAMA et le parrain de Harlem dans AMERICAN GANGSTER. Ce qui ne l’empêche pas de remonter sur scène à Broadway pour le rôle de Brutus dans Julius Caesar de Shakespeare en 2005. Véritable couteau suisse, il peut tout jouer. Et comme Marlon Brando et Laurence Olivier avant lui, il excelle au cinéma comme dans les rôles de tragédiens. Cette année, il l’a même fait deux fois. La première en Macrinus, l’ancien esclave prêt à toutes les manipulations pour prendre la tête de Rome dans GLADIATOR II et la deuxième fois sur scène avec Jake Gyllenhaal dans "Othello", pièce qui a fait s’envoler le prix des billets à Broadway. Il est vrai que la toge lui va particulièrement bien.

GLADIATOR II, sur CANAL+ le 6 juin.