"Comment refuser une proposition de Ridley Scott ?" Rencontre avec le réalisateur et Paul Mescal, le nouvel héros de Gladiator II
Vingt-cinq ans après Gladiator, le film culte de Ridley Scott revient à travers une épopée intense et épique, portée par Paul Mescal dans le rôle du fils de Maximus. L'acteur et le réalisateur reviennent sur la genèse de cette suite très attendue.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de réaliser Gladiator II, plus de deux décennies plus tard ?
Ridley Scott : Je n’ai pas passé vingt-cinq ans à y penser : j’ai tourné énormément de films entre-temps. Mais Gladiator n’a jamais quitté mon esprit. Le personnage du fils s’est imposé comme point de départ. À partir de là, l’histoire s'est construite, comme un squelette sur lequel on ajoute chair et émotions.
Les effets visuels modernes ont-il apporté quelque chose de nouveau ?
Ridley Scott : Aujourd’hui, on peut aller plus loin. En 2000, je n’aurais pas pu faire une scène crédible avec des babouins. Alors qu'en 2024, j’ai pu faire appel à des cascadeurs, remplacés ensuite numériquement par des singes. L'apport de la technologie est fascinant.
Avez-vous hésité à jouer dans la suite d’un film aussi emblématique ?
Paul Mescal : Comment refuser une proposition de Ridley Scott ? C’est une chance immense. Et quand on sait que Denzel Washington et Pedro Pascal font également partie du casting, la décision est évidente

Au-delà du prestige, qu’est-ce qui vous a séduit ?
Paul Mescal : Mon personnage, Lucius ! C’est un homme intelligent, déterminé, prêt à aller au bout de lui-même pour redonner sa grandeur à Rome. Il doit affronter son propre destin, ce qui en fait un rôle complexe et passionnant à interpréter.
Denzel Washington joue un rôle clé. Pourquoi avoir fait appel à lui ?
Ridley Scott : J’ai eu une expérience formidable avec lui sur American Gangster. C'est un acteur puissant, attentif, précis… Pour Gladiator II, je voulais un adversaire à la hauteur du héros. Denzel a une façon très personnelle de s’approprier son personnage, jusque dans la manière très subtile dont il touche son costume

Le film évoque à nouveau pouvoir, vengeance et héritage…
Ridley Scott : Ce sont des dynamiques toujours actuelles. Le film propose une vision romantique et spectaculaire, mais il faut se rappeler que la Rome antique était d’une cruauté extrême. J’essaie de garder cette tension entre beauté cinématographique et brutalité historique.
Paul Mescal : Bien sûr, mais le film explore bien plus : le sentiment d’abandon, la quête d’honneur, de sens… Il respecte l’héritage du premier volet en allant encore plus loin.
Article extrait du magazine des abonnés de juin à lire ici



