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Ces 10 films d’horreur ont été désignés les meilleurs du 21e siècle (mais ça divise)

Le magazine américain The Hollywood Reporter a publié son top 25 des meilleurs films d’horreur du XXIe siècle. En tête, un choix radical : UNDER THE SKIN de Jonathan Glazer, film sensoriel et quasi muet porté par Scarlett Johansson. Un classement audacieux, dominé par des œuvres d’auteur, qui écarte certains poids lourds du genre. Voici les 10 premiers.

1. UNDER THE SKIN (Jonathan Glazer, 2013)

Une extraterrestre séduisante sillonne l’Écosse pour attirer des hommes et les plonger dans un néant organique. Film d’ambiance radical, à mi-chemin entre le body horror et l’art contemporain, UNDER THE SKIN divise autant qu’il fascine. Il a pourtant été sacré meilleur film d'horreur du siècle par The Hollywood Reporter. Une sacrée prise de risques, qui ne fera pas l'unanimité.

Dix ans après sa sortie, il est redécouvert à la lumière du succès critique de LA ZONE D’INTÉRÊT (2023), autre film glaçant de Jonathan Glazer, cette fois sur la banalité du mal en temps de guerre. Deux œuvres radicalement différentes, mais qui témoignent d’une même exigence formelle et morale.

2. GET OUT (Jordan Peele, 2017)

Premier film de Jordan Peele, GET OUT mêle thriller paranoïaque et critique sociale acerbe. En racontant la lente dépossession d’un jeune homme noir au sein d’une famille blanche, il fait de l’horreur un outil de dénonciation du racisme systémique.

Ce succès mondial a ouvert la voie à deux autres films de Jordan Peele : US (2019), variation sur le double maléfique, et NOPE (2022), fable SF sur le regard et la mise en spectacle de la violence.

3. MORSE (Let the Right One In, Tomas Alfredson, 2008)

Poétique et glaçant, film raconte l'histoire d'amitié entre un jeune garçon victime de harcèlement scolaire, et une jeune fille, qui se révèle être une vampire. MORSE détourne les codes du mythe pour livrer une œuvre minimaliste, dérangeante, mais aussi bouleversante.

Le film connaîtra un remake américain en 2010, LAISSE-MOI ENTRER (Let Me In), réalisé par Matt Reeves avec Chloë Grace Moretz.

4. MISTER BABADOOK (The Babadook, Jennifer Kent, 2014)

Figure cauchemardesque sortie d’un livre pour enfants, le Babadook devient le symbole d’un deuil non résolu. MISTER BABADOOK de Jennifer Kent a marqué les esprits avec sa mise en scène épurée et son sous-texte psychanalytique. Les monstres qui se cachent dans nos armoires sont parfois nos propres peurs qui se matérialisent.

Elle signera par la suite THE NIGHTINGALE (2018), drame de vengeance situé en Tasmanie coloniale, qui confirme son attrait pour les récits de douleur et de survie.

5. THE HOST (Bong Joon-ho, 2006)

Avant PARASITE, Bong Joon-ho livrait déjà un chef-d’œuvre hybride. THE HOST, entre satire politique et film de monstre, dépeint l’apparition d’une créature mutante dans la rivière Han. Derrière l’horreur, une critique de la gestion des crises sanitaires et un portrait de famille dysfonctionnelle.

Le film s’inscrit dans une trilogie informelle sur la peur et la société, aux côtés de MEMORIES OF MURDER et MOTHER.

6. 28 JOURS PLUS TARD (28 Days Later, Danny Boyle, 2002)

Réinvention sèche du film de zombies, le long-métrage de Danny Boyle impose une nouvelle iconographie de l’apocalypse. Caméra à l’épaule, lumière brute, tempo agressif : 28 JOURS PLUS TARD avec Cillian Murphy injecte une énergie punk dans un genre alors en sommeil.

Il relance à lui seul la mode des infectés rapides, et influencera une génération entière de films post-apocalyptiques. Une suite, 28 SEMAINES PLUS TARD, verra le jour en 2007, réalisée par Juan Carlos Fresnadillo, avant le retour de Danny Boyle aux commandes de l'excellent 28 ANS PLUS TARD, sorti au cinéma en 2025.

7. DERNIER TRAIN POUR BUSAN (Train to Busan, Yeon Sang-ho, 2016)

Film de zombie en huis clos, ce succès sud-coréen mêle horreur virale, drame familial et critique sociale. En quelques plans, DERNIER TRAIN POUR BUSAN transforme un wagon bondé en enfer sur rails, avec une mise en scène tendue et empathique.

Le film donnera lieu à un prequel animé, SEOUL STATION, et à une suite, PENINSULA (2020), beaucoup plus orientée vers l’action et moins bien accueillie.

8. LE LABYRINTHE DE PAN (Pan’s Labyrinth, Guillermo del Toro, 2006)

Conte macabre et allégorie politique, LE LABYRINTHE DE PAN installe l’horreur dans l’imaginaire d’une enfant confrontée à la brutalité franquiste. Guillermo del Toro y mêle réalisme historique et figures monstrueuses pour signer une fable noire et baroque.

Il poursuivra cette veine horrifique dans CRIMSON PEAK (2015) et LA FORME DE L’EAU (2017), Oscar du meilleur film en 2018.

Cette année, sa nouvelle proposition horrifique, FRANKENSTEIN sera présentée en compétition à la 82e Mostra de Venise.

9. CONJURING : LES DOSSIERS WARREN (The Conjuring, James Wan, 2013)

Seule franchise grand public de ce top 10, CONJURING a relancé l’horreur classique à coups de jump scares millimétrés et d’esthétique rétro. James Wan y installe les bases de son univers démoniaque, avec un sens du rythme et une efficacité redoutable.

Le film donnera naissance à tout un univers étendu avec notamment ANNABELLE, et LA NONNE deux entités démoniaques apparues dans la saga originale, qui ont connu un énorme succès commercial.

Le quatrième et ultime volet de la saga CONJURING est attendu au cinéma en septembre prochain et s’annonce déjà terrifiant.

10. HÉRÉDITÉ (Hereditary, Ari Aster, 2018)

Ce premier film d’Ari Aster bouleverse le film de maison hantée pour en faire un drame familial terrifiant. Rythme lent, tension croissante, traumatisme générationnel : HÉRÉDITÉ installe l’horreur dans les silences et les non-dits. Le réalisateur poursuivra dans cette veine avec MIDSOMMAR (2019), cauchemar solaire en pleine secte suédoise, puis BEAU IS AFRAID (2023), plongée mégalomane dans l’angoisse existentielle.

En 2025, il change de registre avec la satire EDDINGTON, présenté en compétition au Festival de Cannes.