"Ce n'est pas Fast & Furious" : attaqué en justice pendant 6 ans, ce film culte de Ryan Gosling est disponible sur CANAL+
DRIVE (2011) a marqué à jamais la carrière de Ryan Gosling et celle du réalisateur Nicolas Winding Refn. Disponible sur CANAL+, ce film culte, considéré par certains comme un chef-d’œuvre, a pourtant fait l’objet de plusieurs plaintes pour le moins surprenantes.
Ryan Gosling est inarrêtable dans DRIVE
Nicolas Winding Refn a vu sa carrière basculer en 2011 avec DRIVE. Un « petit » thriller produit pour seulement 16 millions de dollars, mais devenu un véritable phénomène culturel. Influencé par des films comme BULLITT (1968) et DRIVER (1978), DRIVE met en scène Ryan Gosling dans le rôle d’un homme discret qui cumule trois professions.
Tantôt mécanicien dans un petit garage de Los Angeles, tantôt cascadeur pour des productions hollywoodiennes, il vend également ses services comme conducteur pour des braquages. En parallèle, il fait la rencontre de sa voisine Irene (Carey Mulligan) et de son jeune fils.
Mais lorsque Standard (Oscar Isaac), le mari d’Irene, sort de prison, il se montre d’abord méfiant envers le Conducteur avant d’accepter son aide pour un braquage qu’il est obligé de commettre. Malheureusement, les choses ne se déroulent pas comme prévues…

Un succès indéniable, mais une bande-annonce problématique ?
Adapté du roman éponyme de James Sallis publié en 2005, le long-métrage de Nicolas Winding Refn a marqué les esprits par son approche atypique du genre. Avec un héros quasiment mutique, incarné à la perfection par Ryan Gosling, le personnage est devenu iconique par son style vestimentaire (notamment sa veste en satin blanc avec un scorpion brodé dans le dos).
À cela s’ajoute la mise en scène virtuose de Refn, une photographie magnifique qui plonge Los Angeles dans une mélancolie crépusculaire et une bande originale onirique signée Cliff Martinez. Tant d’éléments qui se connectent parfaitement et qui ont fait de DRIVE une œuvre culte et un succès indéniable — avec 76 millions de dollars au box-office mondial et un Prix de la mise en scène au Festival de Cannes.
Pour autant, ce polar minimaliste n’a pas été du goût de tout le monde. La preuve avec Sarah Deming, une spectatrice qui est allée jusqu’à porter plainte, remettant publiquement en cause la promotion du film. En effet, la plaignante estimait que, contrairement à ce qui lui avait été vendu, DRIVE n’avait "aucun rapport avec un film de courses-poursuites ou un film d'action".

Publicité mensongère et accusations d'antisémitisme
Il est vrai que DRIVE est loin de ressembler à un FAST & FURIOUS, avec son approche beaucoup plus romantique, contemplative, et des éclats de violence rares mais extrêmement brutaux. Sauf que pour Sarah Deming, la bande-annonce promettait un grand spectacle d'action. Elle ajouta également dans sa plainte une accusation particulièrement lourde, affirmant que le long-métrage était "antisémite".
Déboutée en mars 2012 par un tribunal du Michigan, la plaignante avait alors exigé que son dossier soit réexaminé, prétextant que le premier juge était "lui-même antisémite". Ainsi, le 15 octobre 2013, le verdict de son appel est tombé, confirmant la première position de la justice et précisant notamment :
La plainte concernant l’antisémitisme du film n’est pas justifiée : la violence montrée à l’écran n’est pas spécifiquement dirigée envers les Juifs, et il n’y a pas non plus de critique envers eux.
Si Sarah Deming s’est arrêtée là, ce n’est pas le cas de son avocat, Martin H. Leaf. Ce dernier a décidé en 2017 d’étendre la plainte à la production, aux plateformes de diffusion (comme Netflix ou Amazon), au réalisateur Nicolas Winding Refn ainsi qu’à l’acteur Albert Brooks (qui incarne le parrain de la mafia juive dans le film). Depuis, l’affaire n’a plus fait parler d’elle, laissant supposer que la justice n'a pas changé de position face à cette ultime tentative.
