Aller au contenu principalAller à la recherche

C’ÉTAIT MIEUX DEMAIN : un RETOUR VERS LE FUTUR à la française ?

Décidément Elsa Zyberstein et Didier Bourdon ne se quittent plus. C’ÉTAIT MIEUX DEMAIN dans les salles ce mercredi 8 octobre marque la deuxième collaboration de l’année entre Didier Bourdon et Elsa Zyberstein. Après NATACHA (PRESQUE) HÔTESSE DE L’AIR, ils forment à nouveau un duo comique efficace. Leur alchimie donne au film toute sa densité, et renforce la crédibilité de cette transformation de couple face aux défis du présent.

Une machine à laver pour remonter le temps

La comédie française C’ÉTAIT MIEUX DEMAIN (2025), co-écrite et réalisée par Vinciane Millereau, s’inscrit dans la veine des récits de voyage dans le temps en mêlant nostalgie et satire sociale. Avec Elsa Zylberstein (dans le rôle d’Hélène Dupuis) et Didier Bourdon (Michel Dupuis) au cœur de l’intrigue, le film propose de confronter les valeurs et les comportements d’un couple des années 1950 à ceux de la France de 2025. Hélène et Michel, les deux héros, comprennent très vite qu’ils ont été propulsés en 2025 par le biais… d’une machine à laver le linge !

Gagnée par Hélène lors d’un concours Bonux, cette machine symbolise à elle seule toute une époque de modernité domestique rêvée – et parfois fantasmée. Ce détail cocasse et absurde donne le ton : on est dans une comédie à la française, pleine de références culturelles.

On ne peut s’empêcher de penser à RETOUR VERS LE FUTUR, le classique de Robert Zemeckis, en découvrant C’ÉTAIT MIEUX DEMAIN. Ici aussi, les personnages sont confrontés au choc des époques, et leurs certitudes sont bouleversées. Mais si le film américain jouait sur le spectaculaire et les paradoxes temporels, le film de Vinciane Millereau mise davantage sur les contrastes sociaux et émotionnels, en particulier à travers les dynamiques de couple, de genre et de parentalité. C’est drôle, touchant, et parfois même acide.

Une réplique marquante

L'une des répliques phares du film — « T’es un bonhomme ou t’es pas un bonhomme ? » — traverse les époques comme un fil rouge du récit. En 1958, Michel l’utilise pour rabrouer son fils qui pleure, avec une mentalité viriliste. Mais en 2025, cette même phrase revient dans la bouche de Michel avec un sens totalement transformé.

Il l’emploie pour reconquérir sa femme et sa fille passant de la rigidité masculine d’antan à une forme de tendresse et d’ouverture. La même réplique revient également dans un contexte plus léger : lorsque Hélène, en pleine phase d’émancipation dans le monde de 2025, la balance à Michel qui rechigne à s’occuper des tâches ménagères. Elsa Zylberstein y injecte une dimension comique savoureuse, inversant les rôles avec une ironie parfaitement dosée. Connue pour ses rôles dramatiques, Elsa Zylberstein révèle ici une verve comique qu’elle affine de film en film. Elle donne vie à une Hélène en pleine reconquête de soi, qui découvre dans la liberté moderne un terrain d’émancipation.

Vinciane Millereau signe ici son premier long-métrage. Elle s’attaque à un sujet ambitieux et nous fait rire tout en parlant de notre héritage culturel et des révolutions qui ont traversé la société depuis les années 50. Dans la lignée d’un RETOUR VERS LE FUTUR à la française, C’ÉTAIT MIEUX DEMAIN  fait voyager ses personnages — et son public — dans un choc des temps aussi drôle que révélateur.

C’ÉTAIT MIEUX DEMAIN en salles le 8 octobre.