Baby Driver : quand la bande originale dynamise un film

Posté par Rosario Ligammari le 8 Juillet 2019
Dans Baby Driver, l'action est rythmée par une flopée de morceaux minutieusement sélectionnés. La musique devient alors un élément de premier plan. Des longs métrages musicaux à ceux de Quentin Tarantino, petit retour sur ces b.o qui rythment leurs films.
Le cinéma musical

Au cinéma, il n'y a pas que les images qui restent gravées : il y a aussi les morceaux qui les accompagnent. Si la bande originale exprime les goûts du réalisateur, elle complète surtout l'atmosphère qu'il souhaite donner à son film – angoisse, action, émotion... Au-delà bien sûr des biopics sur les chanteurs et des comédies musicales à proprement parler, les films musicaux (sur la danse, sur le monde de la musique...) ont marqué grâce à leur bande-son, de Dirty Dancing à Grease (Randal Kleiser, 1978) en passant par Saturday Night Fever (John Badham, 1977). On connaît le succès mondial de ces films et de leur musique ; il est impossible de les dissocier. Pareil avec les Blues Brothers (John Landis, 1980). Pourquoi « films musicaux » ? Parce que le sujet principal est... la musique.

Compilations de cinéma

De la même façon qu'on parle de « couples » réalisateurs/acteurs, il y a les couples réalisateurs/compositeurs : Sergio Leone et Ennio Morricone, Georges Delerue et François Truffaut, David Lynch et Angelo Badalamenti ; les comédies françaises des années 70 et 80 et Vladimir Cosma... Ces compositeurs ont élaboré des bandes originales aussi marquantes que les longs métrages sur lesquels ils ont travaillé ; grâce à eux, les films peuvent se siffloter.

Alors que les playlists supplantent parfois l'écoute d'un disque entier, le cinéma a toujours offert la possibilité d'une compilation musicale composée de chansons préexistantes. S'il y a eu des films aux bandes originales très efficaces comme Trainspotting (Danny Boyle, 1996), Good Morning England (Richard Curtis, 2009) ou Les Gardiens de la Galaxie (James Gunn, 2014), le spécialiste en la matière reste Quentin Tarantino. Chez le réalisateur américain, il s'agit de réunir des morceaux souvent occultes, qu'il réhabilite comme les vieux films de cinéma bis qu'il dépoussière. Lesdits morceaux deviennent alors des madeleines qui rappellent non plus un souvenir de vie mais une séquence de cinéma.

Baby Driver : un « film playlist »

Si certains films se sont construits à partir d'un livre ou d'un fait divers, d'autre ont été élaborés à partir de... la musique. C'est le cas de Baby Driver. Quatre ans avant le début du tournage, le réalisateur Edgar Wright et le monteur Paul Machliss ont établi une playlist de plus de trente titres qui a servi d'inspiration à l'écriture du long-métrage. Autre anecdote non moins significative : Wright rêvait depuis des années de filmer une course-poursuite en voiture sur le morceau Bellbottoms de Jon Spencer Blues Explosion.

A part ça, il y en a pour tous les goûts : aussi bien les Beach Boys que T.Rex, Blur ou Danger Mouse – en somme, une compilation fastueuse et intemporelle. Et, en plus de refléter les goûts du réalisateur, cette b.o fait sens : le héros écoute de la musique pour étouffer le sifflement constant qu'il doit supporter à cause de son acouphène. En fait, il ne peut pas se passer de musique. Et le film non plus.

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