Avec la Queer Palm, le festival de Cannes s'ouvre à tous les sexes
Posté par Jean François Frontera le 11 Mai 2018
Toutes les sexualités ont-elles enfin le droit à leur tapis rouge ? A Cannes, c’est le cas depuis 2010 avec la Queer Palm avec, cette année, la très attendue montée des marches par son jury pour voir le film de Yann Gonzalez, Un couteau dans le cœur.
Deux fois plus de films LGBT au Festival de Cannes

Alors que le cinéma se veut toujours plus proche de la réalité, il se faisait sentir comme une distance entre l’amour homosexuel et sa représentation au cinéma. Malgré la Palme d’Or de La Vie d’Adèle, avec une scène de sexe de plusieurs minutes entre deux femmes, l’homosexualité, la bisexualité ou le transgenre s’est fait discret au Festival de Cannes depuis sa création.

Cette année, ce sont 16 films au total à Cannes racontant des histoires d’amour entre hommes, femmes ou transsexuels. « C’est important qu’il y ait autant de films en compétition (en ajoutant celui de Gaspard Noé) nous explique Franck Finance-Madureia, Président-Fondateur de la Queer Palm et co-rédacteur en chef de FrenchMania. Mais ce qui est plus important encore, c’est que la sexualité et le genre ne soient plus vraiment le sujet. On parle de l’homophobie, de l’amour, de sujets de société ou d’histoires banales dans lesquelles des personnages homosexuels, transgenres ou fluides sont importants ou centraux, sans que cette ‘différence’ ne soit le sujet du film ».

En compétition officielle, deux films retiennent tout particulièrement l’attention des festivaliers. Celui de Christophe Honoré, Plaire, Aimer et courir vite avec Vincent Lacoste et Pierre Deladonchamps. Un amour d’été entre Arthur et Jacques, qu’il faut vivre vite. Et Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez, avec Vanessa Paradis en productrice de films pornos gays, lesbienne, qui se voit entraîner dans un drame mettant sa vie en ballottage. Ces deux longs-métrages marquent, dans un sens commun, le rapport qui s’affine entre le 7ème Art et la réalité, dont il tend à se rapprocher année après année. Et ce miroir qu’est le cinéma, à sa façon, n’a jamais été aussi évident.

« L’homosexualité n’est plus le sujet du film »

Même si certains films prouvent qu’il y a toujours un tabou à parler d’homosexualité au cinéma, comme Rafiki de Wanuri Kahiu, présenté à Un Certain Regard mais interdit dans son propre pays, l’heure est au recentrage sur l’histoire en elle-même, au delà des histoires d’amour en tous genres.

C’est d’ailleurs ce que défend avec brio la Queer Palm chaque année, depuis huit ans. Véritable événement à Cannes pour la communauté LGBT mais aussi pour tous les festivaliers, son rôle de mettre en valeur une certaine forme de diversité, « Et donc les films qui abordent les questions LGBT ainsi que celles liées au genre. Militant donc, mais avant tout un prix de cinéma, remis sur des critères cinéphiles » précise Franck Finance-Madureia. Derrière les paillettes et le glamour de Cannes se cache, au final, une belle progression des mœurs. Pourvu que ça dure.

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