Arnaud Desplechin renouvelle son casting avec Roubaix, une lumière

Pour son dixième long-métrage, en compétition, le réalisateur, fidèle à des acteurs fétiches comme Mathieu Amalric, tourne pour la première fois avec Léa Seydoux, Sara Forestier, Roschdy Zem et Antoine Reinartz.
Posté par Jean François Frontera

La bande à Desplechin
 

Arnaud Desplechin est un cinéaste du genre fidèle. Au festival de Cannes, déjà, qu’il fréquente depuis son premier long-métrage (La Sentinelle, en compétition en 1992), avec des films toujours dans la sélection officielle, sinon hors-compétition ou dans Un certain regard. Et fidèle à ses comédiens. À commencer par Mathieu Amalric, que Despechin a « inventé comme acteur ». Depuis le début, il l’accompagne, dans ses films biographiques comme ses drames (Jimmy P., avec Benicio Del Toro, en compétition en 2013), incarnant notamment son alter ego dans Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) (sélection officielle 1996), tiraillé entre plusieurs femmes. Parmi elles, Esther, jouée par Emmanuelle Devos, une autre de ses actrices fétiches. Les deux comédiens se retrouveront en 2004 dans Rois et reine, le grand succès de Desplechin. Également dans sa bande : Chiara Mastroianni, Jean-Paul Roussillon, Thibault de Montalembert, Marion Cotillard, László Szabó… 
 

Deux actrices solaires dans un polar très sombre
 

Dans Roubaix, une lumière, en compétition, il fait intervenir deux autres actrices clés du cinéma français. Léa Seydoux, qui a remporté la Palme d’or en 2013 pour La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche, habituée de Cannes (avec en compétition, Saint Laurent de Bertrand Bonello en 2014, The Lobster de Yórgos Lánthimos en 2015, Juste la fin du monde de Xavier Dolan en 2016). Et Sara Forestier, qui a aussi joué pour Kechiche (L’Esquive, 2004), déjà à Cannes pour La Tête haute d’Emmanuelle Bercot avec Catherine Deneuve et Rod Paradot (hors-compétition, 2015). Elle retrouve Roschdy Zem (croisé dans le polar Une nuit, de Philippe Lefebvre), qui avait remporté en 2006 le prix d’interprétation masculine avec ses partenaires pour Indigènes de Rachid Bouchareb. Pour compléter le casting, Antoine Reinartz, très remarqué dans 120 battements par minute de Robin Campillo. Il est également à l’affiche de Alice et le maire de Nicolas Pariser (Quinzaine des réalisateurs).
 

Retour à Roubaix
 

Cette fois-ci, pas question de récit biographique dans lequel le réalisateur se moque gentiment de lui, mais d’un polar, un genre auquel le réalisateur, grand admirateur d’Hitchcock, s’est peu frotté (quoique La Sentinelle évoluait entre thriller et film d’espionnage). Tiré d’un fait divers sordide, il se déroule à Roubaix (comme Les Fantômes d’Ismaël, film d’ouverture à Cannes en 2017), ville natale de Desplechin. Le commissaire Daoud (Roschdy Zem) et Louis (Antoine Reinartz), tout juste diplômé, enquêtent sur le meurtre d’une vieille dame. Ses voisines, Claude (Léa Seydoux) et Marie (Sara Forestier), deux jeunes femmes alcooliques et toxicomanes, sont soupçonnées. Une histoire très sombre dans laquelle les deux actrices, d’habitude si solaires, devraient nous surprendre. Tout comme Desplechin, un réalisateur ambitieux qui n’a peur de rien. 
 

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram