Adèle Exarchopoulos nous a bluffés dans ce nouveau rôle, on va en entendre parler
Après JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, Adèle Exarchopoulos retrouve la réalisatrice dans GARANCE, présenté en compétition au Festival de Cannes 2026. Un rôle d’actrice alcoolique traversant huit années de chaos intime, dans lequel la comédienne livre sans doute l’une de ses performances les plus impressionnantes à ce jour.
GARANCE : Adèle Exarchopoulos retrouve Jeanne Herry
Depuis PUPILLE jusqu’à JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, Jeanne Herry filme toujours des gens qui tentent de tenir debout grâce aux autres. Ses films parlent de réparation, de liens, de collectifs improvisés qui finissent par devenir des familles temporaires. Et surtout, ils avancent sans cynisme. Chez elle, même les personnages les plus abîmés restent regardés avec une forme de douceur presque obstinée.
Avec GARANCE, présenté en compétition au Festival de Cannes 2026, la cinéaste change pourtant légèrement de mouvement. Fini les récits choraux et les trajectoires multiples : cette fois, Jeanne Herry voulait “faire le portrait de quelqu’un”. Un seul personnage, presque de tous les plans, une femme qui traverse plusieurs années de sa vie entre tournées, histoires d’amour, alcool et fatigue d’exister.
Cette femme, c’est Garance, actrice incapable de rester seule, qui se raccroche aux autres avec une intensité presque vitale. Jeanne Herry raconte avoir voulu filmer quelqu’un de “très mobile”, toujours en déplacement, comme si le mouvement permanent empêchait l’effondrement.
Pour porter ce personnage, il fallait une actrice capable d’encaisser tous les états du film. Après JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES, Jeanne Herry retrouve donc Adèle Exarchopoulos, qu’elle décrit comme idéale pour ce rôle “très exigeant”.
La survie c'est les autres
Mais ce qui traverse surtout GARANCE, c’est la manière dont Jeanne Herry regarde ses personnages. La réalisatrice le reconnaît elle-même à notre micro : les “mauvais sentiments” l’intéressent finalement assez peu. Non pas parce qu’ils n’existent pas, mais parce qu’elle ne se voit pas passer plusieurs années à travailler sur quelque chose de purement sombre.
Alors son cinéma cherche autre chose : comment filmer des personnages bienveillants sans les rendre naïfs, comment montrer des gens qui s’aiment sans passer par la toxicité ou la domination.
Dans GARANCE, cela se ressent particulièrement dans la relation entre Garance et Pauline (incarnée par Sara Giraudeau). Jeanne Herry refuse les schémas habituels du couple destructeur ou de la passion qui consume tout. Ce qui l’intéressait ici, dit-elle, c’était “la possibilité de l’intensité dans la douceur”.
Les deux femmes s’aiment profondément, mais le film refuse constamment de transformer leur relation en mécanique toxique. Jeanne Herry parle au contraire “d’acceptation de l’autre”, avec sa complexité, ses failles, et son passé.
La réalisatrice revient d’ailleurs souvent à l’idée que vivre demande un effort permanent. Ses personnages ne cherchent pas forcément le bonheur, encore moins une forme d’accomplissement idéal. Ils essayent surtout de continuer d'avancer malgré le désordre, malgré les dépendances, malgré les failles qu’ils traînent avec eux.
Et chez Jeanne Herry, cette survie passe presque toujours par les autres. Non pas comme une solution miracle ou un refuge naïf, mais comme une manière de rester relié au monde quand tout menace de se fissurer. “Moi, la vie, c’est les autres”, conclut-elle.
GARANCE en salles le 23 septembre 2026.
