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25 ans après, ce film culte avec Al Pacino a aidé une équipe de foot à gagner une finale

Depuis la sortie de L’ENFER DU DIMANCHE, le discours d’Al Pacino dans les vestiaires est devenu une source d’inspiration dans le monde du sport. Les supporters de Manchester United ne diront pas le contraire. Le film est disponible sur Ciné+OCS avec CANAL+.

Le football américain vu par Oliver Stone

Dans les années 1990, les principaux sports américains ont été mis à l’honneur à Hollywood. Il y a eu le basketball avec SPACE JAM (1997) porté par la légende Michael Jordan, ou encore le baseball, décor du thriller LE FAN (1997) avec Robert De Niro. De son côté, L’ENFER DU DIMANCHE (sorti en 1999 aux États-Unis et en 2000 en France) a traité du football américain de manière globale et sans concession.

Réalisé par Oliver Stone, le long-métrage s’inspire du livre On Any Given Sunday (1984) de Pat Toomay, un ancien joueur professionnel. L’histoire se déroule lors d’une saison chaotique pour les Sharks de Miami et s’attarde sur les différentes strates d’une franchise : les joueurs, le coach, mais aussi la présidente, le staff médical ou les agents.

Avec ce tableau ultra-large, Oliver Stone montre les guerres d’égos à tous les niveaux. À l’image de Christina Pagniacci (Cameron Diaz), la fille du défunt propriétaire qui souhaite imposer sa patte sur l’équipe. Au milieu de ce cirque médiatique et financier, le coach Tony D’Amato (Al Pacino) tente de redresser la barre malgré les blessures, la pression de la direction et les exigences de ce sport.

Un casting de rêve mené par Al Pacino

L’ENFER DU DIMANCHE n’est pas le film le plus réaliste sur le football américain, mais il n’en demeure pas moins une œuvre d’une efficacité redoutable, portée par un casting impressionnant. Outre Al Pacino et Cameron Diaz, on y retrouve Dennis Quaid, Jamie Foxx, LL Cool J, Aaron Eckhart ou encore Oliver Stone lui-même, qui s’offre un caméo mémorable en commentateur.

Précisons également que pour des questions de droits d’image, la production n’a pas pu utiliser les noms officiels de la ligue. Ainsi, la NFL devient dans le film l’AFFA (Association of Football Franchise of America), le Super Bowl est renommé la Pantheon Cup, tandis que les Sharks sont un équivalent à peine masqué des véritables Dolphins de Miami.

Malgré ces ajustements, L’ENFER DU DIMANCHE a acquis un statut de film culte, en grande partie grâce à une séquence mythique : celle du discours de Tony D’Amato avant un match crucial de play-offs contre les Dallas Knights. Surnommé le « inch by inch speech » (le discours des centimètres), ce texte a tellement marqué les esprits qu’il a été utilisé par de véritables entraîneurs.

Le discours qui a transcendé Manchester United

Mike Macdonald, l’entraîneur principal des Seahawks de Seattle en NFL, a par exemple fait l’éloge de ce discours en affirmant qu’il le connaissait quasiment par cœur. Dans leur podcast dédié aux films de sport, le journaliste sportif Bill Simmons et le directeur éditorial de The Ringer Chris Ryan ont de leur côté qualifié cette tirade de « plus grand discours de tous les temps », précisant que la force de la séquence venait du fait qu’« après avoir été si caricatural de bout en bout, le film devient tout d’un coup très humain ».

C’est en effet un moment suspendu où Tony D’Amato baisse le masque et révèle sa propre vulnérabilité en évoquant les échecs de sa vie :

Croyez-le ou non, j'ai claqué tout mon fric. J'ai fait fuir tous ceux qui m'ont aimé. Ces jours-ci, je ne peux plus me regarder dans la glace (...) Dans les deux jeux, la vie ou le football, la marge d'erreur est très mince. Un demi-pas trop tard ou trop tôt, et on n'y arrive pas tout à fait.

L'exemple le plus frappant de son impact réel reste celui de l'entraîneur de football Erik ten Hag et de son adjoint Mitchell van der Gaag. Lorsqu’ils étaient en poste à Manchester United, ils ont utilisé un montage vidéo pour préparer leurs joueurs avant la finale de la FA Cup en 2024. Cette vidéo intégrait la fameuse scène de L’ENFER DU DIMANCHE, entrecoupée d’images de la saison difficile des Red Devils, le tout rythmé par le morceau One de U2.

Visiblement, la méthode Al Pacino a fonctionné. À la fin du discours, l'acteur prononce une dernière réplique gravée dans les mémoires : « Maintenant, qu’est-ce que vous allez faire ? ». Les joueurs de Manchester United ont répondu sur la pelouse en s’imposant 2-1 contre leur grand rival, Manchester City.