2001, L'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, pourquoi c'est beau ?
Posté par Philippe Coussin-Grudzinski le 12 Mai 2018
Ce samedi, 2001 : Odyssée de l'Espace, le film culte de Stanley Kubrick, est projeté à Cannes en 70mm, avec une présentation du cinéaste Christopher Nolan, 50 ans après sa sortie. Et c'est beau. Pourquoi ?

Parce qu’un an avant que l’homme ne marche sur la Lune (!), neuf ans avant le premier épisode de Star Wars (1977), quarante-quatre ans avant le saut en parachute de Felix Baumgartner depuis l’espace (2012) et quarante-cinq ans avant Gravity (Alfonso Cuaron, 2013), Stanley Kubrick filme l’espace comme personne ne l’a jamais fait. La Terre, la Lune, le vide, les étoiles, les levers de soleil sur la Terre depuis le vide, les stations spatiales qui tournent au ralenti, les cosmonautes et les hôtesses en apesanteur : tout, absolument tout est d’une précision, et en même temps, d’une légèreté folles. L’esprit flotte, les yeux sont scotchés, la salle de cinéma s’envole vers l’infini et l’au-delà sans même qu’on ait le temps de s’en rendre compte.

  1. Parce qu’il fallait être un génie pour penser que cet espace, cette Lune, cette Terre et ces étoiles puissent être accompagnées par de la musique classique. Richard et Johann Strauss donnent une aura à cette Terre suspendue dans le vide, à ces levers de soleil, à cette scène de running en pleine station spatiale, comme si le cosmonaute, pourtant seul, dansait la valse avec le décor. Fou.

  2. Parce que Hal. 50 ans avant que les débats ne se multiplient sur le pouvoir de l’intelligence artificielle, Stanley Kubrick nous propose une réflexion autour du pouvoir de la machine sur l’homme. Vicieux et manipulateur, plus angoissant que Dark Vador alors qu’il n’est pourtant qu’un ordinateur de bord représenté par un point rouge, Hal nous terrifie en jouant autant avec nous qu’avec les héros du film, seuls avec lui dans l’espace. Bref, Hal instaure à lui seul un suspense aussi intenable que fascinant.

  3. Parce que trente-trois ans avant la sortie de One More Time des Daft Punk (sorti, ça ne s’invente pas, en 2001), quarante-et-un an avant la sortie du génial Enter the Void de Gaspard Noé (2009), Stanley Kubrick nous propose LA séquence psychédélique ultime du cinéma : couleurs saturées, distorsions de l’image, clignotements frénétiques, tout y est, tellement que la salle elle aussi tripe, comme dans les nuages de fumée stroboscopés du Berghain, lieu mythique de la scène techno à Berlin depuis 2004.

  4. Parce que le silence. A l’opposé du bruit, des cris et de la musique permanente à l’œuvre dans la plupart des films de science-fiction depuis 50 ans, Stanley Kubrick sait parfaitement quand se taire pour mieux nous laisser admirer le vide. « Stop Dave »

Copyright photo : © 1968 Metro-Goldwyn-Mayer

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