16 levers de soleil, un film de l'espace au plus près du réel

Posté par Rosario Ligammari le 4 Juillet 2019
Avec 16 levers de soleil, Pierre-Emmanuel Le Goff embarque le spectateur dans un voyage spatial au plus près de la réalité, en suivant l'astronaute Thomas Pesquet et son équipe. Son documentaire se vit comme une immersion sensorielle vue du ciel.
Au plus près de la réalité

Depuis ses balbutiements, le cinéma s'est envolé vers l'espace. Et pour apporter de l'authenticité à l'écran, les réalisateurs ont collaboré étroitement avec des scientifiques et des astronautes. Prenons deux films marquants : 2001 : L'Odyssée de l'espace (Stanley Kubrick, 1968) et Gravity (Alfonso Cuaron, 2013). Pour 2001, en plus d'avoir consulté une flopée d'experts de la Nasa afin de concevoir son vaisseau spatial rotatif, Stanley Kubrick a fait appel à vingt-cinq spécialistes des effets spéciaux, trente-cinq décorateurs de plateaux et soixante-dix autres techniciens : une équipe colossale au service d'un film monumental.

Concernant Gravity, le long-métrage mélange infographie et animation. Alfonso Cuaron a placé la barre haut sur le plan du réalisme : pendant la prévisualisation, le film a été élaboré par ordinateur. Sans oublier tous les dispositifs techniques pour retranscrire l'état d'apesanteur...

16 levers de soleil : un documentaire jamais vu

Le point commun entre 2001, Gravity ainsi que tous les autres films sur l'espace ? Faire comme s'ils se déroulaient « réellement » depuis le ciel. Avec 16 levers de soleil, c'est un peu un fantasme de cinéma qui se réalise : ce qu'on y voit semble peut-être trop beau et pourtant tout est vrai. Et qu'y voit-on exactement ? Deux heures de voyage orbital en immersion avec l'équipe de la station spatiale internationale, Thomas Pesquet en héros de cette excursion extraordinaire.

Le réalisateur Pierre-Emmanuel Le Goff a déployé différents procédés visuels : des prises de vue en GoPro, d'autres en smartphone ou en caméra 4k. Le travail sur le son naturel y est saisissant autant que les longs silences de contemplation. Pas d'effets spéciaux, que des faits spatiaux.

Une aventure immersive

Si Thomas Pesquet est ici bien accompagné, l'homme se trouve habituellement dans l'espace en équipe réduite ; 16 levers de soleil offre à tous une invitation au voyage «comme si vous y étiez». S'il ne s'agit pas d'une fiction, il peut se voir comme tel, par son montage, son mode de narration ou encore sa bande-son – Thomas Pesquet est un féru de saxophone et l'instrument y incarne d'ailleurs une sorte de compagnon. Antoine de Saint-Exupéry aussi ; l'astronaute établit un dialogue permanent avec l'écrivain aviateur.

Enfin, au niveau de l'Histoire du cinéma, 16 levers de soleil n'oublient pas les films qui ont voyagé dans l'espace avant lui : il est parsemé de clins d’œil à Andreï Tarkovski, Terrence Malick ou encore à Stanley Kubrick à travers une séquence psychédélique qui rappelle la scène finale de 2001. « Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité » écrivait Saint-Exupéry. Bien plus qu'un documentaire, 16 levers de soleil est ce qu'on pourrait appeler du « cinéma réalité », à la lisière du rêve.

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