Parker dit "bye, bye"
Posté par George Eddy le 9 Août 2018

La lettre de remerciements de Tony Parker aux Spurs et à San Antonio après 17 saisons merveilleuses est un modèle du genre. Touchant et sincère, TP nous explique sa progression fulgurante et le pourquoi du comment de la réussite de cette franchise considérée comme la meilleure des sports américains de ces 20 dernières années. 

 

J'ai eu la chance d'être un témoin privilégié de tout ça grâce à mon travail avec Canal+ et je considère Tony comme le personnage le plus important concernant le basket sur Canal depuis 33 ans, juste derrière Michael Jordan, c'est dire !  Après la retraite du dieu MJ et l'horrible lock-out de '99, le basket sur Canal a pu surfer sur la brillance constante des Spurs, mené, contre toute attente, par un petit "frenchy" frêle et sans shoot mais d'une vitesse de niveau mondial !

 

Quand Tony était teenager en développement au Racing Paris Basket de Louis Nicollin qui avait racheté le club à Canal, on se croisait chaque semaine car les Canal Bulls bénéficiaient de deux crénaux par semaine à Coubertin où le RPB était implanté.  On y faisait des petits matches et concours de tirs avec Tony et ses frêres ainsi que les autres joueurs du club.  A l'époque, il n'y avait que Tony qui croyait dans ses capacités à rejoindre la NBA.  Je me souviens de discussions avec les médias basket de l'époque où je disais" oui, il est frêle et léger, oui il n'est pas très adroit MAIS il est TRES sûr de lui et je crois qu'il est aussi rapide qu'Allen Iverson".  Le temps m'a donné raison...

 

Dans sa lettre, TP raconte les hauts et les bas de sa carrière aux Spurs, sa relation fusionnelle mais pas toujours facile avec Coach Gregg Popovich et surtout l'importance de Tim Duncan, la superstar le plus "coachable de l'histoire" selon lui.  Si Tim acceptait les critiques et le coaching de Pop, les autres devaient forcément faire pareil, et c'est cela la clé de tout !  Comme l'intégrité de Pop et son staff dans la recherche du meilleur pour le club en toute circonstance était évident, il n'y avait pas de place pour l'égoïsme et tout le monde était sur la même page.  Les Spurs ont gagné 5 titres et ils ont fait les playoffs tous les ans depuis deux décennies.  Pendant ce temps, des clubs légendaires avec des budgets bien plus importants, comme les Bulls, Knicks, Celtics et Lakers, sont loin du compte.  Les Lakers sont les plus proches avec 5 titres grâce à Shaq, Phil et Kobe mais ils ont raté les playoffs assez souvent et sont tombés bien bas depuis 6 saisons.

 

Ainsi, Tony sera "un Spur for life" même si son départ pour Charlotte nous a surpris et laisse un petit goût amer.  Il n'était pas content de son rôle et de son temps de jeu qui allaient encore diminuer la saison prochaine.  Dans la pure tradition des Spurs, il n'a rien dit mais il a signé avec l'équipe de Jordan et son ami Nicolas Batum pour les deux prochaines saisons dans le but de montrer qu'il peut encore apporter beaucoup sur un terrain.  C'est tout Tony, ça.  Comme pour sa retraite de l'équipe de France, il s'en va sans esclandres et sans jubilé !  Son meilleur ami depuis toujours, Boris Diaw, nous fait le même coup en arrêtant plus ou moins sa carrière sans nous prévenir !  Ça fait penser encore à Tim Duncan et moi, j'appelle ça, la grande classe.  J'attends la même chose de Manu Ginobili et Popovich quand ils décideront de partir....  

 

Notre grande chance en France, c'est que Tony et Nicolas mettent leur savoir-faire NBA au service de l'ASVEL, club légendaire re-bati par TP à l'image des Spurs, avec les mêmes principes et la même vision à long terme.  Ils vont probablement replacer un club français en Euroleague, au plus haut niveau européen, en jouant dans une salle de 10000 places avec une académie ambitieuse et un club féminin déjà bien en place.  Ça, c'est du "giving back" D'ailleurs je mettrais bien une pièce sur Charlotte pour retrouver les playoffs cette saison...

 

 Si Tony a bien fait de remercier les Spurs et San Antonio, permettez-moi au nom de Canal+ et du basket français de remercier Tony pour tout, en attendant la suite...