dvd
Old School, New School
Posté par George Eddy le 27 Novembre 2017
Voir Kevin McHale limogé par Houston après seulement onze matches me semble être une grosse injustice pour un coach qui a fait progresser sa franchise depuis 4 ans. Cela traduit une tendance vers des coaches plus jeunes et connectés dans la ligue mais aussi de l'impatience dans un monde qui va trop vite!

Le proprio et le général manager nous ont sortis les clichés habituels comme quoi les joueurs n'écoutaient plus Kevin et qu'il n'y avait plus de temps à perdre dans une conférence ouest très relevée.  Pourtant, McHale était connu pour être proche de ses joueurs.  Il leur faisait confiance en attaque en leur donnant beaucoup de liberté et il se reposait sur les qualités athlétiques de son effectif pour défendre agressivement afin de provoquer des balles perdues et jouer vite en transition.  Houston était l'équipe qui shootait le plus à 3 pts, ce qui est très moderne mais le jeu placé reposait trop sur le seul talent de James Harden.

    Malgré certaines faiblesses, Houston s'est qualifié pour la Finale de Conférence et s'est fait éliminer par les futurs champions de Golden St., une très forte équipe qui va peut-être battre ce soir le record  pour le meilleur départ en saison régulière de l'histoire avec 16 victoires de suite.  Cela n'a pas donné beaucoup de crédit à McHale qui, paradoxalement, avait prolongé son contrat de trois saisons en décembre dernier!  Les décideurs vont devoir lui payer 18 millions de dollars pour ne plus venir aux entrainements ce qui montre qu'ils sont déboussolés et qu'ils ont tendance à paniquer trop vite.

    Le vrai problème à Houston se situe au niveau de la mentalité très égoïste des joueurs, en commençant par Harden, que ses co-équipiers n'ont guère épargné dans une réunion entre les joueurs qui a scellé le sort de Kevin McHale.  Harden semblait beaucoup plus triste de ne pas etre MVP la saison dernière que d'avoir été éliminé des playoffs!  Il défend peu et il croque tous les ballons en attaque. Peut-être le plus grand tort de Kevin, c'était de laisser faire, car à la fin, les joueurs l'ont lâché.  Quand vous comparez le leadership partageur de Steph Curry ou LeBron James avec le style "donne-moi le ballon et pousse-toi de la" de Harden, vous avez tout compris.  Golden State est l'équipe qui garde le ballon le moins longtemps en main et qui dribble le moins de toute la NBA, c'est toute la différence avec Houston.  Certes, les Warriors ont des joueurs faits pour ce jeu- la tandis que les Rockets, fragiles mentalement, sont ultra-athlétiques mais très faibles dans le jeu de passes, l'adresse et les mouvements sans ballon dans ce debut de saison.  Une lueur d'espoir, le très bon démarrage de l'ancien Chalonnais, Clint Capella.  Peut-être un coach ultra-défensif et disciplinaire comme Tom Thibodeau pourrait réveiller et consolider les errants Rockets.  Le club a evoqué son nom comme éventuel successeur de McHale.  Le choc serait rude pour les joueurs!

    Houston est connu pour être très dépendant des "analytics" et leur G.M. Darryl Morey est un précurseur dans ce domaine ou les stats approfondies et l'étude très sophistiqué des vidéos des matches sont rois.  Morey donne les clés de ce groupe compliqué à gérer à un assistant coach de 36 ans, J.B. Bickerstaff, qui n'a jamais joué dans la NBA.  Généralement, il y a une tendance actuelle au rajeunissement des head coaches qui arrivent de plus en plus souvent des rangs universitaires ou des rangs des jeunes assistants et qui maitrisent les "analytics".  Les joueurs- vedettes des anciennes générations, qui prônent souvent beaucoup de jeu isolé en un contre un, sont moins à la mode en dehors de Jason Kidd et Derek Fisher qui ont pris leur retraite de joueur depuis peu de temps.  D'ailleurs, plusieurs coaches "old school" comme Doc Rivers, Lionel Hollins, George Karl et Alvin Gentry sont également en danger en ce moment pour manque de résultats.

    Oui, Golden State,  s'est inspiré du jeu des Suns de D'Antoni, des Spurs de Popovich et du Triangle de Phil Jackson pour devenir champion en développant un modele "new school" que beaucoup aimeraient copier.  Ce modèle marche grâce aux "analytics", certes, mais tout autant grâce à la maitrise de la psychologie du groupe de Steve Kerr et son staff et de l'altruisme et du talent affichés par les joueurs.