Obama, les Tricolores et la diversité
Posté par George Eddy le 19 Juillet 2018

L'ancien président des Etats-Unis, Barack Obama, a vécu une semaine chargée en Afrique commençant par un rendez-vous au Kenya avec sa demi-sœur, Auma Obama et sa fondation Sauti Kuu, pour inaugurer un centre sportif dédié à des jeunes adolescents défavorisés en compagnie de Bismack Biyombo et Masai Ujiri, le patron des Raptors de Toronto qui vient de réaliser un super trade pour accueillir Kawhi Leonard en échange de DeMar DeRozan. On sait que Barack adore le basket et il a montré ses talents sur le terrain ! Ujiri et sa fondation, Giants of Africa, sont partenaires de cette initiative tandis que B. Obama se voulait "citoyen du monde pour soutenir Auma, son œuvre et tous les autres qui veulent faire progresser le continent africain".

Le prédécesseur de Donald Trump a enchainé en Afrique du Sud pour célébrer les 100 ans de la naissance de Nelson Mandela et le moins que l'on puisse dire, c'est que son beau discours sur la diversité a eu un retentissement planétaire ! Notamment quand il a parlé des vainqueurs francais de la Coupe du Monde de football : "Regardez la belle diversité de l'Equipe de France de football et comment cela leur réussit car, quand je les vois en photo, je ne vois pas beaucoup de Gaulois !". Sa phrase a davantage plu que la blague maladroite d'un comique américain qui a scandé "L'Afrique a gagné la Coupe du Monde ! L'Afrique a gagné la Coupe du Monde !". Cela lui a valu des commentaires incendiaires de la part de Nicolas Batum, parmi beaucoup d'autres ! Si deux joueurs de la sélection sont nés en Afrique, les joueurs viennent d'un peu partout en France allant de Lille à Nice avec des origines diverses et variées.

Depuis toujours, ces origines diverses ont fait la richesse du sport francais. Des origines dans d'autres pays européens, africains ou des Antilles, parmi d'autres, qui témoignent du rôle historique de la France comme pays d'accueil. Les sélections de foot, de basket et de hand notamment, ont accumulé des titres et des médailles depuis plus de 20 ans et l'effet déclencheur de la victoire des "Blacks, Blancs, Beurs" du foot en '98 à la maison a été un tournant dans l'histoire du sport francais. "Yes we can" est devenu le leitmotiv des sportives et sportifs francais, car tout semble possible dorénavant. La formation à la francaise est devenue un modèle mondial et nous fournissons les stars de demain aux championnats les plus rémunérateurs de la planète comme la NBA dans le basket. La ministre des Sports et ancienne championne d'escrime d'origine antillaise, Laura Flessel, a dit que "cette fois-ci, les champions du monde de foot sont tous 'Bleu, Blanc Rouge' comme le drapeau français". Cela va être son travail, avec l'aide du "super-fan" Emmanuel "Manu" Macron, de faire mieux fructifier ce titre à tous les niveaux qu'en '98. Cela commence au niveau scolaire et local en aidant les clubs et les éducateurs et en rénovant les infrastructures. Le sport a enfin trouvé toute sa place dans la société française à côté de la culture, ce qui est déjà une victoire en soi. Les dérives et excès du sport pro ne doivent pas nuire à l'effort d'inculquer les bonnes valeurs sportives dès le plus jeune âge.

En fin de compte, si des Africains s'identifient à notre équipe de France de foot ou de basket etc., tant mieux ! Ils s'identifient déjà avec les Afro-Américains de la NBA et cela explique en partie la grande popularité de la NBA sur le continent. Le travail humanitaire en Afrique de Nicolas Batum et Boris Diaw, avec beaucoup d'autres, renforce les liens entre la France et le continent. D'ailleurs, beaucoup de pays à travers le monde peuvent s'identifier à la NBA car un quart des joueurs actuels ne sont pas nés aux Etats-Unis ! Nous vivons dans un "village global" et nous sommes tous des citoyens du monde "à condition d'accepter les différences des autres" comme l'expliquait Barack Obama en citant Nelson Mandela. Pas mal comme mot de la fin !