Locomotives
Posté par George Eddy le 27 Novembre 2017
L'annonce de l'arrivée de Tony Parker la saison prochaine comme actionnaire majoritaire et president de l'ASVEL a fait l'effet d'une bombe dans le basket francais

Comme si Tony n'a pas deja assez fait pour faire progresser le basket tricolore avec son titre de Champion d'Europe et de Sportif Francais de l'année sans oublier son nouveau statut de Sportif Francais le mieux payé devant tous les footballeurs pour la premiere fois! Tony était déja super-précoce en tant que joueur, grillant les étapes à chaque niveau en devenant meneur titulaire en Pro A à 18 ans avant d'être meneur titulaire en NBA à seulement 19 ans. 

Maintenant il veut être président de club à peine la trentaine passée tout en continuant sa brillante carrière de joueur NBA dans la meilleure équipe de la League à l'heure actuelle.  Tony se verrait bien faire une carrière de dirigeant de haut niveau comme Michel Platini dans le foot.  Il pense que c'est le meilleur moment de se lancer apres le titre en Slovénie car le basket francais est dans une bonne phase avec le seuil des 550,000 licencié(e)s récemment dépassé, un championnat athlétique, homogène et hyper-indécis qui remplit les salles et généralement, un bon buzz et une bonne image.  Par contre, notre Pro A a aussi ses détracteurs qui ne se contentent pas du rigeur et du sérieux financier exemplaire qui nous permettent de recruter de plus en plus de joueurs de grande renommée car ces gens-la en veulent plus, notamment des meilleurs résultats dans les Coupes d'Europe afin de toucher un public plus large.

    Dans les années 80 et 90, notre championnat a été structuré différement avec 3 ou 4 gros clubs comme Limoges ou Pau dans le rôle de locomotives qui ont remporté des Coupes d'Europe avec l'apothéose en 93 quand le CSP a remporté l'Euroleague.  Le dernier club francais à faire un Final Four de l'Euroleague a été l'ASVEL en 1997 et c'est dans ce club légendaire que Parker voudrait recréer une dynamique ambitieuse.  Tony est un jeune homme pressé qui trouvait que les choses n'avançaient pas assez vite ces dernieres années à Lyon, notamment concernant le projet d'une nouvelle Arena.  Son idée, c'est de faire bouger les hommes politiques locaux après les élections municipales en augmentant le buget du club grâce à l'arrivée de nouveaux investisseurs avec l'objectif de rejoindre l'Euroleague d'ici 2 ou 3 ans.  On pourrait imaginer que le partenaire-chaussure chinois de Tony, PEAK, fasse partie des nouveaux sponsors.  Tony compte rester en contact avec les hommes qu'il va choisir pour gérer le club au quotidien (son frère et des amis d'enfance?) grâce aux nouvelles technologies.  Tony sait que la clé de sa réussite réside dans le bon choix de ces hommes de confiance.

    En tout cas, tout cela fait rejaillir les spotlights sur notre Pro A surtout que quelques jours plus tot, l'Equipe a annoncé une acceleration dans les négos entre le PSG et Paris-Levallois pour créer un grand club de basket ambitieux à Paris qui pourrait jouer ses matches de l'Euroleague (grâce à un wild card) dans un Bercy renové d'ici deux ans!  Donc, avec le projet lyonnais de Parker, ca nous fait deux grosses locomotives potentielles dans un avenir très proche et personellement, je suis convaincu qu'ils ne seront pas les seuls clubs à jouer pour le titre comme certains observateurs peuvent craindre.  Un grand bassin de population et une ville très européene comme Strasbourg (ou éventuellement Marseille) peut aussi monter un budget conséquent et peut-etre l'arrivée de Parker et du PSG va motiver d'autres acteurs économiques majeurs de s'interesser au basket francais.  Un club comme Limoges avec ses 6000 spectateurs payants à chaque match et son énorme soutien régional pourrait aussi se mêler à la lutte pour le titre car comme Nanterre et Dijon nous montrent, ce n'est pas toujours le plus gros budget qui gagne!

    D'ailleurs, l'actuel entraineur de l'ASVEL, Pierre Vincent, fait remarquer que Lyon-Villeurbanne a deja eu des gros budgets il y a quelques années sans pour autant dominer le championnat et il pense que Tony va vouloir mettre en application tout ce qu'il a appris à San Antonio par rapport à une bonne gestion de club à moyen et long terme.  Pour cela, l'homme pressé va devoir apprendre aussi la patience!

 

    Idéalement, la présence de quelques grosses locomotives en Pro A devrait créer une émulation sportive et tirer le niveau de tous les clubs vers le haut.  Rappelons que c'est à partir du moment où les autres pays ont pu rencontrer les stars NBA de la Dream Team aux J.O. de '92 que ces pays ont progressé et que des joueurs hors les USA comme Tony Parker ou Dirk Nowitzki se sont rendus compte, qu'eux aussi, ils pourraient jouer en NBA un jour!