Limoges renait de ses cendres!
Posté par George Eddy le 27 Novembre 2017
Le club légendaire du CSP Limoges retrouve le sommet du basket français 14 ans après son dernier titre et 21 ans après avoir gagné l'Euroleague.

Certes, depuis 2000, ce club unique qui rappelle St. Etienne au foot a connu aussi les affres des tribunaux, de la quasi-faillite, de la 2ème et 3ème divisions avant de renaitre de ses cendres grâce au devouement de son public en or et son président, Frederic Forte, qui a sauvé le CSP de son lit de mort en 2004.

Les larmes de Fred au coup de sifflet final hier traduisaient son soulagement après des années de dure lutte pour re-exister et re-conquerir le Graal. Il est parfois excessif quand il défend les intérêts de son club mais personne ne peut mettre en doute son engagement!

C'est lui qui a pris le risque de relancer Jean Marc Dupraz comme coach en Pro A.  Un pari un peu fou mais totalement gagné. La saison précédente, Forte a beaucoup investi sur le célèbre coach grec, Panagiotis Yannakis, quitte à mettre moins de budget sur les joueurs.  L'experience a fini en queue de poisson et cette saison le président a fait le contraire en investissant la grosse partie de son budget sur des joueurs de talent et d'experience. Forte avoue "qu'être le gendre idéal n'était pas la priorité" et Dupraz s'est retrouvé à la tête d'un groupe talentueux, ambitieux, parfois caractériel et compliqué à gerer. Contre toute attente, il s'est montré fin psychologue alternant calme olympien et coups de geule ou recadrages quand c'est devenu nécessaire. Apres Forte, Jean Marc est le 2ème grand artisan de ce 10eme titre.

Son relais sur le terrain et dans les vestiaires était J.K. Edwards. Leader naturel et vocale il a fait le lien entre le clan U.S. et le clan francais. Son jeu altruiste et polyvalent ainsi que sa personalité flamboyante ont fait de lui l'homme clé de l'édifice comme nous disait Louis Campbell de Strasbourg. Le tournant dans le Match 3 c'est en 4ème quart-temps pendant un temps mort terminant avec J.K. qui crie "on doit commencer à 'fucking' défendre".  A partir de là, l'équipe est redevenue soudée et intense, à l'image de ses playoffs en general, car le CSP a produit son meilleur basket pendant la phase finale avec 8 victoires en 10 matches.

C'est tout un symbole que les deux leaders francais, Nobel Boungou Colo et Adrien Moerman, ont été décisifs dans le money time d'un Match 3, beaucoup plus serré que les deux précédents. Que dire d'Alex Acker élu MVP des Finales, de J.R. Reynolds, booster du comeback en 3ème quart quand Strasbourg menait de 9 pts. ou de Taurean Green, auteur de 19 pts avec 12 en 4ème quart.  Ce cinq-la faisait partie des joueurs parfois brillants, parfois casse-bonsbons pendant cette saison mouvementée, mais ils ont été des formidables combattants dans les moments décisifs.  Jo Gomis a été un capitaine exemplaire et Frejus Zerbo a eclipsé Johan Petro. Tous sont à féliciter.

Maintenant, Limoges va tenter un nouveau défi, faire re-exister un club francais au niveau de l'Euroleague.  Pour le moment et malgré un petit bassin de population, c'est le club qui possède les meilleurs atouts pour y arriver.  En attendant des projets ambitieux à Paris et à Lyon, Limoges reste la meilleure locomotive actuelle du basket francais.