La Finale
Posté par George Eddy le 27 Novembre 2017
Nous avons eu la chance de vivre deux demi-finales intenses et indécises avec des ajustements intéressants et deux Match 5 plein d'émotion. Finalement les deux équipes avec les meilleurs bancs et les meilleurs joueurs français ont survécu à ce marathon avec un match de très haut niveau tous les deux jours et cela est parfaitement logique.

Si, la saison prochaine le calendrier des playoffs donne plusieurs jours de repos en plus, la qualité du jeu sera encore supérieur.  Le retour, 14 ans plus tard, du CSP Limoges au plus haut niveau est forcément un évènement.  Dans le Match 5 decisif, le fameux public de Beaublanc a joué un grand rôle en propulsant les joueurs vers l'avant en premier quart-temps.  Une équipe, parfois minée par des problèmes d'ego, a joué comme dans un reve, archi-collectivement en défense comme en attaque pour réussir un 17-0 en finissant les 10 minutes avec 22 pts. D’avance!  Le match était déjà plié et il suffisait de gérer par la suite.

    Limoges a montré son plan de bataille pour remporter le titre et une place en Euroleague la saison prochaine.  Derrière deux formidables fers de lance en plein force de l’Age, Nobel Boungou colo et Adrien Moerman, le CSP étouffe ces adversaires avec son pressing, puis marque beaucoup de paniers faciles en transition.  Quand Dijon a perdu le contrôle du tempo, Dijon a perdu le match, donc Strasbourg est prévenu.  En demi-finale, les meneurs de Limoges, Taureen Green en tête, se sont rachetés d'une saison avec des hauts et des bas et ont souvent mis les shoots à 3 pts. ou donnés les passes décisives qui font la différence.  Certes, il y a aussi des tiraillements, même dans les victoires (!), mais Limoges est bâti comme ca cette saison et il faut faire avec!  La moitié des joueurs va peut-être partir ailleurs la saison prochaine mais pour le moment, ce savant mélange de vétérans-leaders comme J.K. Edwards et Jo Gomis avec des joueurs plus jeunes et fougueux semblent suffisant pour aller chercher un titre.  A coach Jean-Marc Dupraz de continuer à trouver la juste formule entre ajustements, coups de gueule et discours psychologiques pour y arriver.  En tout cas, tactiquement, il s'est montré à la hauteur du coach de l'année, Jean Louis Borg, en demi-finale.

    Strasbourg, de son coté, a réussi un miracle digne de Nanterre en revenant de moins 14 dans les 5 dernières minutes du Match 4 à Nancy.  Le naufrage de Nancy nous rappelle le Game 6 de la dernière NBA Finals entre Miami et San Antonio.  Dans le Match 5, les extérieurs de Nancy ont continué de déjouer ce qui gaspillait une nouvelle fois des performances héroïques de Randal Falker et Flo Pietrus.  Ca laissera des regrets, mais la défense et le jeu de passes de Strasbourg a permis ce résultat positif malgré l'absence d'Antoine Diot, blessé à la cheville.  Strasbourg, c'est le San Antonio de notre Pro A, avec un système collectif ou les joueurs deviennent interchangeables et sont sublimés à partir du moment qu'ils acceptent les règles du collectif, de renverser le jeu et de faire l'extra passe.  Comme Limoges, c'est une équipe qui mélangent l'expérience et la jeunesse mais qui possède une intelligence de jeu plus affirmé tandis que le CSP est plus athlétique et fougueux.  Si les meneurs de Strasbourg peuvent tenir la baraque et contrôler le tempo en attendant le retour de Diot à partir du 2eme match, les Alsaciens ont toutes leurs chances.  Leurs "Papys" sauront gerer le money time et Vincent Collet saura mélanger ses défenses agressives et ses options "Small ball" ou l'adresse des intérieurs qui sortent shooter à 3 pts. sera déterminante.

 

    Cette finale oppose deux équipes qui ont survécu des changements de joueurs et des blessures et qui ont affiché une capacité à réagir dans la difficulté assez impressionnante.  Ça devrait nous donner une spectacle grandiose au meilleur de cinq manches!