Identité de jeu
Posté par George Eddy le 27 Novembre 2017
C'est une expression qu'on entend de plus en plus souvent dans le sport de haut niveau, "l'identité de jeu". Il vaut mieux se connaitre et ne pas confondre ses forces avec ses faiblesses.

C'est comme la fameuse "alchimie" entre les joueurs, il vaut mieux l'avoir que de ne pas l'avoir pour gagner des matches et des titres.  C'est vrai que si on regarde à travers l'histoire, les très grandes équipes ou dynasties possédaient clairement les deux!

 Les Celtics de Bill Russell et Bob Cousy dans les années 50-60 avaient une identité résolumment défensive pour l'époque et ils ont révolutionné la NBA en gagnant 11 titres en treize saisons!  Avant la dynastie Celtics, le but dans la NBA était de marquer plus de points que l'adversaire tout simplement et les scores fleuves étaient la norme ainsi qu'un nombre très élevé de tirs tentés par match. Bill Russell et son coach, Red Auerbach, imposaient l'importance de la défense agressive avec Bill qui contrait tout ce qui approchait du panier dans son rôle de dernier rampart infranchissable.  Russell s'en foutait de ses propres stats en attaque tout en guidant ses coéquipiers vers un nirvana collectif ou prendre un ascendant mental sur ses adversaires était devenu un art!

 Dans la NBA d'aujourd'hui, ce sont les Spurs de San Antonio qui ressemblent le plus aux Celtics de Russell avec une identité de jeu et une alchimie partageuse entre les joueurs qui fonctionnent à merveille depuis presque 20 ans.  Popovich, c'est Auerbach et Tim Duncan, c'est Bill Russell, les deux gardiens du temple et du panier depuis toujours.  Avec 5 titres et une permanence parmi l'élite de la NBA, les Spurs sont logiquement considérés comme la meilleure franchise des Sports U.S. de ces 15 dernières saisons.  Ca commence avec un recrutement malin ou seulement les joueurs capables de se plier aux exigences de coach Pop sont gardés.  Vous ajoutez l'abnégation en attaque et en défense de tous les instants et vous avez une équipe ou certains joueurs comme David West acceptent de gagner 5 fois moins pour pouvoir participer à la fête avec les Spurs.  Duncan est une icone silencieuse qui est en train de jouer le rôle de grand frère pour permettre l'intégration accelérée de LaMarcus Aldridge qui le remplacera comme franchise player dans un an ou deux.

 Quand votre meilleur joueur et probablement le meilleur poste 4 de l'histoire, Duncan, accepte de telles sacrifices, c'est facile de coacher les autres dirait Popovich!  Cette saison, les Spurs sont revenus vers le "tall ball" avec deux intérieurs en permenance sur le terrain et moins de tirs à 3 pts. tentés.  Pop n'a jamais aimé particulièrement le shoot à 3 pts, mais il a su en faire bon usage pour regagner le titre en 2014.  Cette équipe-là a beaucoup inspiré le jeu actuel de Golden State, une autre équipe qui maitrise bien son identité de jeu autour de Steph Curry, le MVP, et le club est devenue un modele à son tour avec son titre en 2015.  Duncan et Aldridge nous ramènent à Duncan et David Robinson, les tours jumelles des deux premiers titres des Spurs en '99 et 2003. C'est "vieille ecole" comme le fait que San Antonio possède à nouveau la meilleure defense de toute la NBA.  Popovich doit doucement rigoler dans son coin!  Je remarque que Houston revient au principe des "tours jumelles" aussi, avec Dwight Howard et Clint Capella ensemble comme titulaires et ça marche pour le nouveau coach J. B. Bickerstaff. 

  Deux équipes talentueuses et ambitieuses cherchent encore leur identité de jeu cette saison, les Cavs et les Bulls.  Les Cavs seront au complet le jour de Noël pour un évènement, leur match-revanche face à Golden State mais les retours tardifs d'Iman Schumpert et surtout Kyrie Irving me font penser que Cleveland est encore loin de son meilleur niveau.  Par contre, en avril cette machine sur-armée va faire peur à toute la ligue!

  Pour les Bulls, c'est moins evident car ils ont changé de coach et ils sont passés d'une extrême à l'autre au niveau de l'identité de jeu tout en gardant les mêmes joueurs. Le rôle de chaque joueur ne cesse d'évoluer à l'image des 4 intérieurs et le passage de temoin entre Derrick Rose et Jimmy Butler comme "go-to, franchise player" est trés compliqué.  Comme l'alchimie est egalement un gros probleme, les Bulls feront peut-être partie des grosses déceptions cette saison.

  Pour moi, le meilleur cadeau que le Pere Noel puisse m'apporter ca serait une finale de conférence ouest entre les deux identités de jeu differentes que représentent les Spurs et les Warriors. Je suis certain qu'à tous les niveaux, ce match-up serait un duel d'anthologie! Joyeux Noel!