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Festival de Cannes : ce qu'il fallait retenir du samedi 24 mai

Sans surprise, la 78ième édition du festival de Cannes se clôturait ce samedi 24 mai. Que faut-il retenir de la dernière journée ? On fait le point sur cette édition diversifiée avec 14 pays représentés et 7 réalisatrices en cours pour la Palme d'or, finalement attribuée à Jafar Panahi pour UN SIMPLE ACCIDENT.

Electricité sur la Croisette : ca va trancher

Micro drame sur la Croisette ce samedi 24 mai : une gigantesque panne d’électricité a frappé la région, probablement causée par un acte malveillant. Résultat : 160 000 foyers privés de courant, trafic ferroviaire perturbé, circulation ralentie sans feux tricolores, et de nombreux commerces, hôtels et restaurants paralysés. Les réseaux téléphonique et Internet étant coupés, les festivaliers ne pouvaient plus accéder à leurs billets en ligne.

Malgré tout, le Palais des festivals, équipé d’un système d’alimentation autonome et d’un accès réseau sécurisé, a pu maintenir ses projections et la cérémonie de Clôture avec la remise de la Palme d’or - comme quoi, posséder un circuit indépendant, qu'on parle d'électricité ou de cinéma, ça sert toujours.

 

Palme d'Or : tout sauf accidentel

Ca pourrait ressembler aussi à une Palme d'or politique : le cinéaste iranien Jafar Panahi a remporté le trophée majeur du Festival de Cannes 2025 pour son film UN SIMPLE ACCIDENT, un thriller politique poignant. Après 15 ans d'interdiction de quitter l'Iran, Panahi a pu se rendre en personne à Cannes pour présenter ce film tourné clandestinement, sans autorisation des autorités iraniennes. De quoi lui donner une certaine appréhension au moment de rentrer chez lui... mais il rentre bien dès ce dimanche une Palme d'Honneur dans les bagages.

Quant au film, il suit Vahid, un ancien prisonnier politique, qui croit reconnaître son tortionnaire parmi ses clients. Il l'enlève, cherchant à obtenir justice, mais le doute s'installe quant à l'identité réelle de l'homme. Cette quête de vérité interroge les notions de vengeance et de justice dans un pays marqué par la répression.

Lors de la remise du prix, Panahi, vêtu de noir et portant des lunettes de soleil, a dédié sa Palme à sa famille et à son peuple, appelant les Iraniens à l'unité pour défendre la liberté du pays : 

"C'est le moment de demander à tous les Iraniens, en Iran et dans le reste du monde, de mettre nos problèmes de côté, car le plus important est la liberté de notre pays" a-t-il déclaré.

UN SIMPLE ACCIDENT sortira en salles en France le 10 septembre 2025. On lui souhaite sincèrement bonne route.

Et à la fin, c'est la Belgique qui gagne

Le cinéma belge a fait sauter les bouchons de limonade à Cannes 2025 : les frères Dardenne, en habitués des palmarès, repartent avec le Prix du scénario pour JEUNES MÈRES, leur treizième film en compétition. 

Dans la section Un certain Regard, c'est la coproduction belge LE MYSTERIEUX REGARD DU FLAMANT ROSE de Diego Céspedes qui a été primée. Du côté de la Quinzaine des cinéastes, les honneurs pour LA DANSE DU RENARD de Valéry Carnoy avec le Coup de cœur des auteurs SACD et le Label Europa Cinemas. Enfin, IMAGO, le docu autobiographique de Déni Oumar Pitsaev a gagné le prix French Touch puis L'Oeil d'or. Là encore, c'est la Belgique qui gagne puisque la coproduction vient du plat pays (Need Productions).

Bref, les Belges n'ont pas juste "rayonné", ils ont carrément planté leur tente sur la Croisette. Avec autant de talents récompensés, on se demande si Cannes 2026 ne devrait pas se dérouler l'année prochaine à Namur ! Quant aux frères Dardenne, ils devront attendre une nouvelle édition pour entrer dans la légende avec une potentielle troisième Palme d'or.

Le détail qui tue

Ce samedi 25 mai, c'était aussi la grande dernière pour le jury, avec une ultime montée des marches réunissant rien de moins qu'Halle Berry, Carlos Reygadas, Dieudo Hamadi, Payal Kapadia, Alba Rohrwacher, Hong Sang-soo, Leïla Slimani, Jeremy Strong et la présidente du jury Juliette Binoche. C'est notamment cette dernière qui a impressionné par sa tenue, aux antipodes de celle choisie pour son discours d'ouverture : un ensemble presque casual wear associant une veste courte et une jupe longue bleu de minuit, entre chic et décontracté. L'art de marier les extrêmes; un peu à l'image de cette 78ième édition du festival.